APrès un cycle autour des différents supports, intéressons-nous maintenant à l'étude de techniques alternatives (et complémentaires) à l'aquarelle standard, qu'elle soit présentée en godets ou en tubes.

 

Nous allons consacrer les expérimentations de cette semaine à la découverte des craies aquarellables, de type Neocolor II, et des feutres aquarellables, de type Brush-pen d'Écoline. Ces deux types de produits possèdent tout un tas d'équivalents dans d'autres marques et sous d'autres formats. Je vais parler des Neocolor II et du Brush-pen, tout simplement parce que ce sont les outils que j'ai mis à votre disposition pour le Click & Collect (toujours disponible à l'accueil des Écoles d'Art et de Musique).

Ces deux produits sont qualifiés d'«aquarellables» pour la bonne et simple raison qu'il est possible de les diluer avec de l'eau, pour un rendu proche de l'aquarelle. Ce sont les différents liants, utilisés pour donner de la cohésion aux pigments, qui sont en réalité miscibles à l'eau.

 

EXPÉRIMENTATIONS DANS LE CARNET-RÉPERTOIRE :

Le carnet répertoire va, une fois de plus, nous servir de terrain d'exploration pour découvrir, explorer et apprivoiser ces nouvelles techniques.

J'ai choisi de réaliser mes essais sur une même page. Sentez-vous libre d'utiliser plus de surface pour tester ces nouveaux produits. L'idée, comme toujours, est de décliner différentes expérimentations pour envisager au mieux les possibilités de nos outils.

 

Ici, pas d''expérimentations colorées, puisque notre palette de teinte est très restreinte (deux bleus pour les craies, et un feutre sépia). Nous allons plutôt nous intéresser à comment chaque outil réagit avec l'eau et le papier, tout en explorant les différentes manières de l'utiliser.

Commençons avec les craies Neocolor II.

Il s'agir de craies à la cire, qui ont donc la particularité d'être diluables avec de l'eau. Il est donc possible de les utiliser comme de simples crayons à la cire, en tirant partie de leurs couleurs très lumineuses et intenses, ainsi que la matérialité spécifique, qui va accrocher au papier en présentant des irrégularités dans l'application, tout en offrant une surface légèrement brillante.

Cet aspect brillant va disparaître dès que nous appliquerons de l'eau avec un pinceau : les pigments et la cire vont se dissoudre dans l'eau pour donner un effet aquarellé.

Ces craies seront intéressantes par ce quelles offrent de contrastes d'aspect et de matière entre l'application standard et la version humidifié. Les pigments sont très saturés, ce qui permet un large éventail de dilutions.

 

Commençons par nous intéresser à la technique lambda : l'application de la craie sur papier sec, avant de passer de l'eau à sa surface avec un pinceau humide.

Pour ce faire, réalisons un petit dégradé, en diminuant progressivement l'intensité avec laquelle nous appuyons la craie sur le papier. Réalisons ainsi deux fois la même opération avec chacune des couleurs, afin de pouvoir conserver le dégradé sec sur papier sec, à mettre en parallèle avec le même dégradé sur lequel nous aurons appliqué un pinceau humide. Attention, il est conseillé de commencer l'application de l'eau sur la zone la plus claire. En débutant par la partie la plus intense, le pinceau aura tendance à emmagasiner des pigments : le dégradé mettra plus de temps à s'éclaircir.

 

Il y a des façons autres d'utiliser ces craies aquarellables que les apposer sur le papier avant d'appliquer un pinceau humidifié avec de l'eau claire.

Il est, par exemple, possible de prélever d'infimes morceaux de craies à l'aide d'un taille-crayon ou d'un cutter, pour obtenir une sorte de poussière épaisse et colorée. Il est alors possible de diluer cette "poussière" avec de l'eau. Comme toujours, la saturation va dépendre de la quantité de pigments et de la quantité d'eau utilisées.

Voici un rapide nuancier de trois valeurs, en variant les quantités des deux composants :

 

Autre utilisation possible : humidifier un pinceau avant de prélever des pigments à même la craie. Si l'option précédente permettait d'obtenir des nuances assez peu saturées, cela sera plus difficile avec cette technique, qui permet malgré tout une certaine variété d'intensités. A noter qu'il peut se révéler peu aisé de reproduire la même saturation d'une fois sur l'autre.

 

Non présentée ici, il y a également la possibilité d'appliquer la craie Néocolor II sur du papier préalablement humidifié.

La couleur sera irrémédiablement intense. Il est néanmoins possible de l'étirer et de la diluer ensuite avec un pinceau humide.

intéressons-nous maintenant au feutre aquarellable. Il y a, avec cet outil, une différence notable, puisque les pigments ne sont pas présents sous forme solide, mais déjà mélangés à un liant liquide. La couleur ainsi obtenue est intense et lumineuse.

A l'instar des feutres standards, au passage du feutre, la couleur apposée sur le papier sèche assez vite. Et comme de nombreux feutres, cette couleur n'est pas indélébile... et est même conçue pour être travaillée avec de l'eau.

Là encore, il est possible d'utiliser cet outil de plusieurs façons.

 

 

EXPÉRIMENTATIONS DANS LE CARNET-RÉPERTOIRE :

Commençons par nous essayer à al réalisation d'un dégradé.

Avec cet outil, il est impossible de varier l'intensité avec laquelle nous appliquons les pigments. Pour obtenir une variation de saturation, nous allons espacer les touches de couleur. Comme précédemment, il est conseillé d'apposer l'eau en commençant par l'extrémité la plus claire pour éviter l'accumulation de couleur qui ralentirait la progression du dégradé.

 

 

Nous pouvons ensuite nous essayer à la technique "étirer la couleur" en dessinant avec le feutre, avant d'utiliser un pinceau humide pour déposer de l'eau sous la zone, avant d'aller "récupérer" les pigments et les inviter à fuser.

 

Enfin, nous pouvons, sur un petit papier à part, constituer ce que j'appelle une zone de prélèvement. Cela consiste à déposer de la couleur sur le papier...sur lequel nous allons ensuite passer un pinceau humide pour "réveiller" la couleur et prélever des pigments. Il est alors possible de varier la quantité de pigments prélevés pour obtenir différents degrés de saturation, un peu à la manière de l'aquarelle standard.

LA MISE EN APPLICATION :
 

L'idée sera ici de réaliser une composition avec des couleurs restreintes, voire en monochrome, en utilisant l'une et/ou l'autre des techniques et les différentes possibilités vues plus haut. Plus tard, il sera possible d'utiliser ces outils, sporadiquement, pour quelques éléments épars. Ici, l'objectif est de n'utiliser que les craies et/ou le feutre.

Bien entendu, celles et ceux d'entre vous qui posséderaient déjà ce type de matériel, peuvent étendre leur palette de couleurs avec leurs propres outils !

 

Bonnes créations !

Séance 25 • craies et feutre aquarellables
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